Bibliothèque de l’Académie de Berlin

Traductions Allemandes d’oeuvres littéraires Francais du 20e siècle

Toute littérature finit par s’ennuyer
en elle-meme, si elle n’est pas
rafraichie par une participation
étrangère.
Johann Wolfgang von Goethe

L’échange culturel entre la France et l’Allemagne – dont, en position majeure, des traductions littéraires d’une langue à l’autre – a une longue tradition, avec une apogée au 18e siècle. Depuis le Traité Franco-Allemand en 1963, la relation entre les deux pays est bien institutionalisée, ci-contre l’intensité et la fréquence des traductions littéraires a plutot tendance à reculer, surtout en Allemagne. En 2006, parmi 5.773 oeuvres traduits sur le marché du livre Allemand, 65,6 pour cent avaient des origines anglophones, et seulement 579 livres, donc dix pour cent, étaient issus de la langue Francaise.

Après la dictature des Nazis et la Deuxième Guerre Mondiale, il y avait en Allemagne une immense curiosité pour la littérature universelle, interdite pendant douze ans, mais ce désir de lire des traductions de livres étrangers a largement faibli depuis et s’est déplacé vers le monde anglophone. La France, centre culturel et littéraire incontesté du monde pendant des siècles, a vu sa position affaiblie pendant les dernières décades, et beaucoup d’oeuvres littéraires de ses poètes et écrivains, traduits antérieurement, souvent brillament, sont, hélàs, épuisés depuis longtemps.

La Bibliothèque de l’Académie de Berlin veut contrecarrer cette tendance funeste. Des oeuvres importants de la littérature Francaise – romans, poèmes, essais – seront rendus accessibles au public germanophone. Comme il faut concentrer les efforts, les Académiciens ont décidé de commencer avec des livres difficilement accessibles du 20e siècle – si la démarche réussit, on pourra ultérieurement élargir le champ de publication et ajouter des chefs d’oeuvre de la littérature et de la philosophie classiques. Seront exclus aussi les livres d’auteurs largement disponibles en Allemand (Camus, Sartre, Beauvoir, Derrida Lacan, Bourdieu etc.). La liste ci-jointe donnera une première idée de la conception éditoriale.

Dans le monde des livres, La Bibliothèque de la Pléiade, est sans doute un modèle sans pareil d’une collection de littérature universelle; il serait présomptueux de vouloir s’apparenter à ce point culminant de l’edition mondiale, mais dans la qualité éditoriale et dans la beauté de la production et représentation, La Bibliothèque de l’Académie de Berlin veut quand-meme aussi répondre aux plus grandes exigences. En meme temps, elle veut offrir les livres à un prix accessible au public cultivé, mais pas forcément fortuné.

Dans la plupart des cas, la Bibliothèque se servira de traductions existantes, excellentes, mais épuisées. Plus tard, on pourra aussi envisager de créer des traductions de livres importants jamais traduits.

Tous les volumes seront publiés parallèlement comme livres imprimés et livres électroniques.

Chaque livre sera accompagné d’une préface par un écrivain ou critique connu qui informera sur les dessous de l’auteur et de son oeuvre.

Comme la Bibliothèque veut trouver un maximum de lecteurs, on travaillera avec un éditeur professionel qui dispose d’une position forte sur le marché, probablement la maison d’édition berlinoise Quadriga, dont l’éditeur, Lothar Menne, a des liens étroits avec ses confrères et consoeurs Francais. Car La Bibliothèque de l’académie de Berlin voudra évidemment coopérer avec le Syndicat National de l’Edition, avec le Centre National du Livre auprès du Ministère de la Culture, avec l’Ambassade de la République Francaise à Berlin, mais aussi avec des éditeurs comme Antoine Gallimard et Olivier Nora (Grasset/Fayard). Sur place, elle va coopérer avec un des grands journaux nationaux, possiblement avec Die literarische Welt, supplément hebdomadaire du journal Die Welt et vaguement l’équivalent du Monde des livres ou du Figaro littéraire.

Pour lancer la Bibliothèque, l’Académie publiera un livre-CD bilingue avec un grand choix de poésies Francaises, interprétées par des grandes actrices et des grands acteur Francais et Allemands.

La Bibliothèque se veut un peu messager et ambassadeur de la France des livres pour regagner le public en Allemagne, en Autriche et en Suisse Alémannique à la lecture de grands auteurs Francais.

Le contexte économique
La Bibliothèque de l’Académie de Berlin agira sur un marché difficile, en mutation dramatique depuis des années (faillite de beaucoup de librairies indépendantes, hégémonie des chaines et des vendeurs par internet comme Amazon et Weltbild, qui favorisent les livres purement commerciaux). Il ne sera donc point facile d’offrir des livres de qualité en présentation noble à des prix raisonnables.

La Bibliothèque débutera avec 6 livres; après on publiera 10 livres chaque année, 4 au printemps, 6 en automne. Les livres seront présentés aux Foires du Livres de Leipzig (Mars) et de Francfort (Octobre).

Premier tirage: 2.000 à 6.000 exemplaires par volume.

Présentation: Reliés en toile, emboitage.

Cout de production: Ca. 3 à 6 Euros chaque livre (selon volume)

Prix de vente: 16,90 à 29,90 Euros pour les livres imprimés, 10 pour cent de moins pour les livres électroniques.

Couts pour les droits d’auteurs et de traduction: 10 pour cent du prix de vente. Avance sur recette moyenne pour chaque livre: 6.000 à 8.000 Euros.

Cout de „marketing“: Publicité presse, radio, internet:
80.000 Euros pour le lancement. 60.000 Euros pour chaque année suivante.

Investitions requises pour droits, production et marketing:
200.000 Euros pour le lancement, 220.000 pour chaque année suivante. Besoins de subvention pour le lancement: 150.000 Euros; Dès la troisième année, la Bibliothèque devrait etre rentable et pourrait commencer de rembourser les subventions.

Lothar Menne, Beauftragter der Académie für die Bibliothèque